26 novembre 2006
Aspiration
On a souvent un Orient, une impression d’Afrique au fonds d’une part de nous-même. Vision phantasmée, désir d’ailleurs ou rêve à deux balles, qu’importe ? Être, un instant ou une vie, loin des contingences et de la nature humaines.
10 novembre 2006
Salutations peu distinguées
Hier, 9 novembre 2006, Les Inrocks, bar de la Cigale. 30 ans plus tôt, jour pour jour, mes parents m'autorisaient à aller à un concert par moi-même : Dr Feelgood, au cinéma ABC du Mans. Quand je les ai vus débouler sur scène, j'ai su : ça et rien d'autre. 10 957 jours plus tard, j'y suis encore.
Une seule vérité ?
Pas certain.
09 novembre 2006
Amour et eau fraîche
Être élevé et nourri dans la négation du corps et de soi-même génère parfois une obsession. Cette monomanie m'a plusieurs fois fait passer tout près de ce "qui transforme une vie en destin", comme l'écrivait André M.
Mais bizarrement, la curiosité a pris lieu et place du chagrin. Je dois à ces pulsions la beauté d'avoir frôlé la mort, donc mon salut.
04 novembre 2006
Avale, malaxe, réingurgite, déglutis, remugle, insuffle
En milieu de nuit, j'ai pris un demi-somnifère. Ça me fait penser à celles et ceux que j'aime, que j'aimerais aimer, ou que j'aurais aimé aimer. Petite mise en abîme, quoique très superficielle.
Une cigarette de plus, et les premiers baillements apparaissent.
Les paupières se portent bien
"En nous formant donc pour la foi, l'angoisse détruira justement ce qu'elle produit elle-même" - Soren Kierkegaard, Le Concept de l'angoisse - Gallimard, collection Tel
28 octobre 2006
Sourire de circonstance(s)
Passer son temps à donner le change, offrir aux autres la face qu'ils attendent de nous finit par provoquer le vrai ennui. Ceux qui nous "aiment", ou qui le prétendent, finissent par ne pas comprendre les accès de rugosité, comme la douceur (ou sa demande) inopinée. Accepter l'incongru et cesser de demander "pourquoi" permettrait-il d'aller au devant de la beauté ?
"Ce n'est pas quand j'ai l'air mort que je fais semblant, mais lorsque je parais vivant." - Jean-Hubert Gailliot
26 octobre 2006
Yeux ouverts
Certaines parties de la nuit sont peut-être plus propices que d'autres à la prise de conscience. Ces moments, où est loin de tout (même de ses cigarettes). Quelques livres ont tout de même réussi, en rampant subrepticement, à venir illustrer ma quiétude nocturne.
"Je fus l’ami de ceux que je désaime, je fus l’admirateur de ceux que je méprise et ce retournement, je le pressens, n’a rien de personnel, il réfléchit un désabusement universel, la France n’est déjà plus à la mode, elle s’enfonce dans les oubliettes . Je remercie le Ciel de n’avoir rencontré le plus souvent que des Français ignobles, laids, grossiers et brutaux, ignorants et pipeurs, je n’eus presque jamais l’occasion d’approcher les élites – s’il en est, car il faut avouer qu’elles se cachent bien – et je refuse maintenant de les connaître, mon choix étant formé, mes décisions étant sans appel. La face d’ombre de la France aura trouvé son juge, il m’appartient de la décrire, elle manquait au tableau général, mon œuvre la rend telle quelle et toute, mon immortalité s’enracinant dans une réprobation que je systématise. Qu’on me pardonne ces aveux !" Albert Caraco, le Semainier de l'agonie
23 octobre 2006
In hoc signo vinces
Offrir mes forces commes mes faiblesses, souvent j'en rêve, tout en sachant malgré tout que cela n'existe pas. Beaucoup de ces absents ont tenté de m'appeler, ceux qui ne savaient pas mon nom ou comment le faire, ont essayé de parler à mes silences peu éloquents. Ces silences que je finis par apprivoiser forment ainsi le dernier rempart. Je le construis méthodiquement, appréciant ainsi cette chère solitude qui paradoxalement finira par me briser.
Apprendre à s'apprécier n'est pas vain, même si l'exercice quotidien est loin d'être aisé. Les cicatrices anciennes ne s'estompent jamais totalement.
"La folie n'est peut-être qu'un chagrin qui n'évolue plus" - Cioran, Le mauvais démiurge
08 octobre 2006
Fin de semaine
Je marche dans la rue, les mains dans les poches, et pendant un moment, je me prends pour le "Brown-eyed handsome man" de la chanson. Juste l’espace d’un instant. Il s’en faut d’une seconde pour que je redevienne celui qui pleure. Paris n’a jamais été aussi belle, et je ne sais pourquoi j'aurais pourtant préféré qu’il pleuve, et voir les premières feuilles mortes emportées dans la rigole des caniveaux.
Un dimanche après-midi quasiment comme les autres, si ce n’était cette peine indicible qui me colle au cerveau. Des milliers de souvenirs, d’odeurs, de sentiments, de découvertes et de passions diverses me reviennent à l’esprit.
Le brouhaha des gens qui rient sur ce vide-greniers et le bruit de mes pas me bercent, me laissant marcher, contournant ces inconnus heureux pour ne pas les bousculer. Machinalement, j’ouvre mon paquet sans le sortir de ma poche et porte une cigarette à mes lèvres. Elle est à demi consumée, mais je suis infichu de me souvenir l’avoir allumée.
Cela fait maintenant plus de quinze années, depuis avant-hier exactement, que je vis avec cette mémoire.
On ne fait pas les enfants pour soi-même.
Désirer l'absence
Les larmes sont stériles et ne font que souligner le manque et la douleur. De fait, la nuit se passe, envapée, entre une boîte de comprimés et une boîte de mouchoirs. Les départs sont de plus en plus définitifs et l'éloignement incommensurable. Et pourtant.
Comment parvenir à donner une place à l’absence, à l’absente ?












