07 janvier 2008

Déraison ordinaire

J'ai appris à ne pas me moquer des fous, et de ceux qui semblent l'être. Les portes que j'ai ouvertes en moi, paradoxalement à force de dissimulation, m'ont donné accès à nombre de mondes insoupçonnés, insoupçonnables. Loin de tout raisonnement construit ou pouvant l'être. À force de flouer les autres (alors qu'on n'a jamais compris qu'ils puissent être autres) on se trompe soi-même. On donne le change, persuadé que l'on est que ça pourra durer. Mais ça ne dure pas. On sait, au tréfonds, que c'est faux, que le monde entier est faux.... [Lire la suite]
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18 décembre 2007

Une soif d'amour

C'était à l'heure où les fauves vont au comptoir. Les verres de rosé se succédaient, et emplissaient rapidement les veines et les esprits, la voie facilitée par les estomacs vides. Mon compère et moi-même, légèrement débraillés, riions franchement, et seul le désespoir, bien évidemment, pouvait nous amener à une telle hilarité. Son téléphone a sonné deux fois. Deux fois, il a répondu qu'il avait des trucs à finir, et que oui, il allait être en retard. Deux fois, je lui ai lancé un regard interrogateur, et nous nous connaissons... [Lire la suite]
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25 novembre 2007

Au loin

C'est toujours le même rêve, qu'on soit endormi ou éveillé. Ça peut arriver le matin en se réveillant ou au milieu de l'après-midi. On se dit que tout est fini. On essaie de s'en persuader. Mais rien n'est jamais fini. Peut-être est-ce une des constantes de la nature humaine que de toujours laisser une trace. Et de ne rien terminer. Les douleurs physiques accompagneraient-elles souvent les souffrances morales ? L'estomac meurtri et la tête enserrée dans son collier d'acier iraient-ils de pair avec le doute ? Un avenir demeure... [Lire la suite]
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08 août 2007

Promiscuité

L'amour (ou supposé tel) et la lucidité peuvent-ils faire bon ménage (bedfellows, comme on dirait outre-Manche) ? "Je te baise parce que je t'aime", ou le contraire ? Quel est l'épilogue de telle situation ?
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04 décembre 2006

Dépendances et assuétude

On en arriverait presque à rêver. Un billet de train, pour une destination lointaine ou pas, une nuit d'hôtel pas forcément luxueux ni exotique. La solitude finit toujours par avoir le dernier mot. Vain mot ?
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26 novembre 2006

Aspiration

On a souvent  un Orient, une impression d’Afrique au fonds d’une part de nous-même. Vision phantasmée, désir d’ailleurs ou rêve à deux balles, qu’importe ? Être, un instant ou une vie, loin des contingences et de la nature humaines.
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09 novembre 2006

Amour et eau fraîche

Être élevé et nourri dans la négation du corps et de soi-même génère parfois une obsession. Cette monomanie m'a plusieurs fois fait passer tout près de ce "qui transforme une vie en destin", comme l'écrivait André M. Mais bizarrement, la curiosité a pris lieu et place du chagrin. Je dois à ces pulsions la beauté d'avoir frôlé la mort, donc mon salut.
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04 novembre 2006

Avale, malaxe, réingurgite, déglutis, remugle, insuffle

En milieu de nuit, j'ai pris un demi-somnifère. Ça me fait penser à celles et ceux que j'aime, que j'aimerais aimer, ou que j'aurais aimé aimer. Petite mise en abîme, quoique très superficielle. Une cigarette de plus, et les premiers baillements apparaissent. Les paupières se portent bien"En nous formant donc pour la foi, l'angoisse détruira justement ce qu'elle produit elle-même" - Soren Kierkegaard, Le Concept de l'angoisse - Gallimard, collection Tel
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26 octobre 2006

Yeux ouverts

Certaines parties de la nuit sont peut-être plus propices que d'autres à la prise de conscience. Ces moments, où est loin de tout (même de ses cigarettes). Quelques livres ont tout de même réussi, en rampant subrepticement, à venir illustrer ma quiétude nocturne."Je fus l’ami de ceux que je désaime,  je fus l’admirateur de ceux que je méprise et ce retournement, je le pressens, n’a rien de personnel, il réfléchit un désabusement universel, la France n’est déjà plus à la mode, elle s’enfonce dans les oubliettes . Je remercie... [Lire la suite]
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01 octobre 2006

Time fades away

Le presqu'adolescent avait une larme qui roulait sous son œil gauche. Ça allait être l'heure de rentrer chez sa mère. Ça le chagrinait. Son père avait refoulé, lui aussi, ses sanglots, et mentalement refermé la porte aux chimères, enfants décédés, amours mortes et autres désillusions qui ne manquaient pas d'affluer à de telles heures. Quelques heures plus tard, sur le boulevard, les mêmes néons rances promettaient encore et encore du sexe. Comme elles sont douces, ces cigarettes. L'absence de réponse relevait-elle du mépris... [Lire la suite]
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